La NASA a rapidement résolu un problème critique sur le vaisseau spatial Orion au début de la mission Artemis II : des toilettes défectueuses. Le contrôle de mission a confirmé le correctif, conseillant aux astronautes de permettre au système de se stabiliser avant et après utilisation. Cet incident souligne l’importance souvent négligée des systèmes de base de survie dans les voyages spatiaux, où même les fonctions de routine deviennent des défis d’ingénierie complexes.

Des préservatifs aux cabines : une histoire des toilettes spatiales

Les premières missions spatiales, comme Apollo, ont obligé les astronautes à recourir à des méthodes rudimentaires de gestion des déchets. Les astronautes masculins utilisaient des dispositifs semblables à des préservatifs sous leurs combinaisons spatiales pour collecter l’urine, tandis que les déchets solides étaient collectés dans des sacs scotchés sur leurs fesses. Ces systèmes étaient sujets aux fuites, une mission enregistrant une « crotte flottant dans les airs ». Les propres rapports de la NASA reconnaissaient la fonctionnalité d’ingénierie, mais qualifiaient la satisfaction de l’équipage de « médiocre ».

Le vaisseau spatial Artemis II est doté d’un système universel de gestion des déchets (UWMS) d’une valeur de 30 millions de dollars, un bond en avant dans la technologie des toilettes dans l’espace lointain. Il comprend une cabine privée équipée de portes – une première pour une navette spatiale – avec des mains courantes et des attaches pour les pieds pour assurer la stabilité en apesanteur.

Comment fonctionnent les toilettes spatiales modernes

L’UWMS utilise un entonnoir et un tuyau pour l’urine, qui est évacuée quotidiennement lors de missions plus courtes comme Artemis II. Les déchets solides sont aspirés dans un sac au fond de la cuvette des toilettes et compressés dans des bidons pour être éliminés à leur retour sur Terre. L’aspiration est si forte que la cabine est isolée et les astronautes doivent porter des protections auditives.

Lors de missions plus longues, comme celles vers la Station spatiale internationale, la NASA recycle presque tous les déchets liquides, transformant ainsi l’urine et la sueur en eau potable.

L’importance plus large de la gestion des déchets dans l’espace

La mise à niveau de l’UWMS est bien plus qu’un simple confort pour l’équipage : elle est essentielle pour établir une présence humaine permanente dans l’espace. La gestion durable des déchets est essentielle pour les missions à long terme, car elle empêche la contamination de l’environnement spatial par des microbes terrestres.

“En réalité, penser non seulement aux toilettes mais aussi à l’ensemble des systèmes de survie est l’un des fondements d’une vie à long terme dans l’espace”, déclare David Munns, professeur d’histoire des sciences et des technologies. “Avoir la capacité de gérer les déchets est essentiel à notre mission.”

La solution aux toilettes Artemis II souligne que même les aspects les plus banals du voyage spatial nécessitent une ingénierie sophistiquée et une planification minutieuse. Sans systèmes fiables de survie, les missions de longue durée et le rêve d’une habitation spatiale permanente resteraient inaccessibles.